Faits reprochés :
La justice s’est appuyée sur une empreinte génétique sur deux étuis de munitions qui auraient été retrouvés près de la scène du crime, ainsi que sur le fusil à pompe et la balle chambrée découverts dans la voiture d’Antoine. Les analyses balistiques semblaient confirmer la concordance entre l’arme, les munitions saisies et les étuis retrouvés sur place. Mais derrière ces « preuves » en apparence accablantes, se cachent des incohérences troublantes, des zones d’ombre procédurales, et des questions sans réponse qui ébranlent pour le moins la solidité de ces éléments. La Cour d’assises d’Ajaccio en avait été convaincue en prononçant son acquittement lors du procès en première instance en 2020.
Réponse de la défense :
Des prélèvements aux circonstances pour le moins suspectes : Le premier problème – et non des moindres – concerne l’origine même de l’ADN de référence utilisé pour les comparaisons. Les procès-verbaux indiquent le jour et l'heure auxquels l’échantillon aurait été prélevé sur Antoine lors de sa mise en examen. Or au moment indiqué, il se trouvait en audition filmée, sans interruption, et en présence de son avocat. Impossible, donc, de réaliser ce prélèvement dans les conditions décrites. Cette anomalie soulève une question vertigineuse : quel échantillon a bien pu être utilisé pour établir le profil génétique d'Antoine ? Une anomalie qui, à elle seule, jette un doute profond sur toute la procédure.
Les doutes s’amplifient lorsque l’on examine l’identité de la personne censée avoir réalisé ce prélèvement buccal. Son nom figure bien sur le procès-verbal, mais aucune information sur sa fonction, son rôle, ou même son identité vérifiable. Pire encore : un autre document atteste qu’elle se trouvait à un tout autre endroit au moment du prélèvement supposé. Comment, dans ces conditions, accorder la moindre crédibilité à cette procédure ?
Face à ces incohérences flagrantes, une plainte pour faux et usage de faux a été déposée. Pourtant, elle a été classée sans suite en quelques jours, laissant planer un doute supplémentaire sur la volonté réelle d’éclaircir ces irrégularités. Pourquoi une telle précipitation à enterrer cette affaire ? Et surtout, quel crédit accorder à des preuves génétiques dont l’origine même est entachée de soupçons ?
Une enquête génétique incomplète et sélective : Mais les interrogations ne s’arrêtent pas là. Si l’ADN d'Antoine a été méticuleusement recherché et analysé, qu’en est-il des autres traces génétiques présentes sur la scène de crime ? En particulier, deux mégots de cigarette, dont l’un portait un ADN masculin complet, méritent l’attention. Aucune analyse n’a été menée sur cet élément. Pourquoi un tel désintérêt pour un élément de preuves qui aurait pu élargir le champ des investigations ou, à tout le moins, confirmer ou infirmer la présence d’autres personnes sur les lieux ? Cette focalisation obstinée sur Antoine est troublante : pourquoi avoir ignoré cette autre piste, qui a minima aurait dû être investiguée ? Faut‑il y voir une négligence coupable ou la volonté assumée de désigner, dès le départ, un coupable plutôt que de chercher la vérité ?
Au final, les preuves ADN, présentées comme une certitude scientifique, sont au mieux fragiles, au pire falsifiées. Les doutes s'accumulent face à un échantillon de référence aux origines incertaines, une procédure de prélèvement entachée d’irrégularités, et une enquête génétique incomplète. Ces éléments sapent la crédibilité des preuves génétiques et qui, loin de confirmer la culpabilité d'Antoine, ouvrent la porte à des scénarios bien différents. Et si, plutôt que de prouver sa présence sur les lieux, ces traces d’ADN révélaient avant tout les failles d’une enquête à charge ? La question, aujourd’hui, reste entière.
Les éléments présentés ici sont issus des débats contradictoires et des documents versés au dossier. Les interrogations et contestations reposent sur les arguments développés par la défense lors des procédures judiciaires.